La Fureur de Vaincre : indispensable à toute collection de films d’arts martiaux

Une tension électrique règne au centre du dojo. Chen Zhen – le chinois interprété par Bruce Lee – se tient debout buste nu, les muscles tendus et les yeux étincelants de colère. Il est encerclé par un groupe d’experts en arts martiaux japonais, échauffés par son intrusion culottée et prêts à lui donner une bonne leçon. Tout d’un coup, deux d’entre eux passent à l’attaque et engagent alors l’un des plus beaux combats de groupe de toute l’histoire des films d’arts martiaux.

Attaqué de toutes parts, Bruce Lee sème des coups de pieds à une vitesse incroyable et avec une précision redoutable. Au grand dam des japonais, il altèrne avec une maitraise parfaite les coups de points puissants et les projections imparables. Dans une frénésie totale, il ponctue ses enchaînements de son saisissant cri strident.
Finalement, un coup l’atteint dans le dos et il se retrouve projeté au sol. Avant même que l’on ait le temps de se demander s’il a réellement été touché il se remet en garde, tenant fermement en main un nunchaku du plus mauvais augure.

A cet instant, tout s’arrête.
A cet instant, on retient souffle car on sait que quelque chose de jubilatoire va bientôt commencer.

La Fureur de Vaincre - Bruce Lee
Bruce Lee en pleine action

La Fureur de Vaincre, ou comment sublimer une intrigue classique de film d’arts martiaux

La scène que je viens de décrire est juste l’une des nombreuses que compte La Fureur de Vaincre.
Le scénario est assez simple. Dans le Shanghai du début du vingtième siècle, le fondateur respecté d’une école de kung-fu meurt dans des conditions mystérieuses. Au début, Chen Zhen, son disciple le plus talentueux, veut juste se battre pour défendre l’honneur de son maitre disparu. Cependant, il se retrouve rapidement à enquêter sur ce qui pourrait bien être un meurtre.
Au delà de la banale histoire de revanche, deux éléments apporte de la profondeur au film.

Le premier est le contexte historique. L’occupation japonaise est vécue comme particulièrement humiliante par les locaux. Les méchants de l’histoire – ces satanés envahisseurs – sont représentés de façon très caricaturale : fine moustache, cheveux gominés, attitude exagérément arrogante… tout y est. Cela dit, certains passages – comme celui qui se déroule à l’entrée d’un parc avec une pancarte “Les chiens et les chinois ne sont pas autorisés” – marquent le spectateur par le degré d’injustice mis en scène.
Petite mention spéciale également pour le personnage du traite à la botte des japonais. Il est si abject que l’on aimerait rentrer dans le film pour lui donner son compte – bon.. c’est l’unique gringalet de toute l’histoire donc le mérite serait limité.

Ensuite, il y a l’histoire d’amour entre le héros et sa fiancée, également amie d’enfance. Elle permet à Bruce Lee de réellement jouer, et ainsi de montrer qu’il peut être convaincant là où on ne l’attendais pas.

Bruce Lee - La Fureur de vaincre
Face à un katana

Hors du droit chemin

En plus de cet aspect romantique, le personnage principal est attachant parce qu’il ne suit pas à la lettre l’enseignement de son cher maître. On lui a appris que la philosophie du kung-fu est avant tout de maintenir une bonne forme physique, de rester saint d’esprit et surtout d’éviter les problèmes. De façon paradoxale, le personnage de Bruce Lee, fou de rage, est pris d’une folie meurtrière. La perte de son père spirituel, l’humiliation subie et enfin la trahison qu’il met à jour alimentent son désir d’en découdre.

Les scènes de combat sont purement géniales, en particulier celles où les protagonistes ont des armes blanches. En les regardant, on a vraiment du mal à croire que ce film fête ses 40 ans cette année.
Cela me permet d’enchaîner sur ma conclusion: La Fureur de Vaincre a été un modèle pour tous les films d’arts martiaux qui ont suivi. Si vous ne le regardez pas pour la performance brillante du petit dragon, vous devez au moins le faire pour l’héritage qu’a laissé ce film dans le cinéma d’action.

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